Le Policing Capillaire : quand nos coiffures deviennent politiques

Le policing capillaire, ce sont ces petites phrases, souvent lancées à la légère, qui jugent nos choix capillaires.
Si tu es une femme noire et que tu portes une perruque, un lissage ou des cheveux bouclés au lieu de ton afro shrinké, tu as sûrement déjà entendu :
👉 “Vous êtes complexées, vous n’aimez pas vos cheveux.”

Ce discours, trop souvent relayé par d’autres femmes ou par certains hommes noirs, n’a rien d’anodin. C’est une forme de contrôle des apparences qui prétend mesurer ton amour de toi-même à travers… ta coiffure.

Mais derrière ces jugements se cache une réalité plus vaste : le poids du racisme structurel, de la misogynie, des standards de beauté blancs et d’un purisme capillaire qui voudrait figer l’identité noire dans une esthétique unique.


Qu’est-ce que le policing capillaire ?

Le policing capillaire, c’est le fait de :

  • Surveiller et juger les choix capillaires des femmes noires
  • Associer une coiffure à un degré “d’acceptation de soi”
  • Faire de nos cheveux un symbole politique ou militant… qu’on le veuille ou non

En clair : nos cheveux deviennent un terrain d’injonctions permanentes.


Les injonctions capillaires les plus courantes

💭 Ce que ce discours te dit, en réalité :

  • Si tu portes une perruque, tu es “dans le déni”
  • Si tu lisses tes cheveux, tu es “aliénée”
  • Si tu ne portes pas ton afro shrinké, tu n’honores pas ton héritage

Mais qui a décidé que défendre son héritage devait rimer avec immobilisme esthétique ?
Porter une wig, styliser ses cheveux, aimer le glamour et la transformation, c’est aussi une forme de liberté.


Les racines du policing capillaire

Le policing ne vient pas de nulle part. Il se situe à l’intersection de :

  • Le racisme structurel : les cheveux afro ont longtemps été stigmatisés, invisibilisés, voire interdits dans certains espaces.
  • La misogynie noire : certains hommes utilisent les cheveux comme un moyen de contrôle du corps et de la désirabilité des femmes noires.
  • Le purisme capillaire : une tendance militante qui prétend qu’aimer ses cheveux = les porter uniquement naturels et afro.

Policing capillaire : comment s’en libérer ?

1. Revenir à soi

Choisir sa coiffure pour soi, pour son plaisir, pas pour cocher une case.

2. Éduquer sans humilier

Transmettre, échanger, parler des héritages sans rabaisser ni exposer.

3. Refuser la sur-responsabilisation

Les femmes noires ne sont pas des porte-étendards. Elles ont le droit d’être stylées, fatiguées, coquettes, joueuses… sans devoir “représenter la communauté”.

4. Désactiver les discours toxiques

Stopper net les phrases du type :

  • “Tu caches tes cheveux”
  • “Tu n’assumes pas”
  • “Tu n’es pas une vraie femme noire”

Elles ne construisent rien, elles détruisent.

5. Créer ses propres codes

Inventer une routine, un style, un rapport au cheveu qui nous ressemble. Laisser place à l’expérimentation, à l’envie, au changement.

6. Ne pas confondre tradition et injonction

Nos cheveux portent une histoire, oui. Mais nous avons aussi le droit d’en faire autre chose, d’être héritage et modernité.


Les perruques : un art et un héritage

Les perruques ne sont pas une honte. Elles sont un art.
Savoir poser, customiser, styliser une wig est une vraie discipline. Aujourd’hui, il existe même des écoles spécialisées… alors que ce savoir-faire a été développé depuis des générations par des femmes noires autodidactes.

Créer, transformer, magnifier une perruque, c’est une forme de créativité et d’héritage qui mérite d’être célébrée plutôt que dénigrée.

💡 Astuce KinkyGlow : la prochaine fois que tu ajustes ta wig, rappelle-toi : ce geste est un savoir-faire. Tu ne caches rien, tu crées.


Conclusion : reprendre le pouvoir

Le policing capillaire est une ultime tentative de contrôle sur les femmes noires : sur leur apparence, leur désirabilité, leur expression de soi.

Mais plus nous affirmons nos choix, plus nous refusons de nous justifier, plus cette norme perdra de son pouvoir.

✨ Sur KinkyGlow, chaque boucle, chaque perruque, chaque tresse est une déclaration d’amour à nous-mêmes. Notre féminité est libre, mouvante, sensuelle — jamais une dette à payer.

Tu es libre. Tu es belle. Tu es légitime. Et personne ne peut en décider à ta place.

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